BLOG CULTUREL

DVD / VOD Herwann Perrin DVD / VOD Herwann Perrin

Mémoires de nos pères de Clint Eastwood



© 2007 Warner Bros. Entertainment Inc.  All rights reserved.

Je trouve que le synopsis est assez explicite : "Au cinquième jour de la sanglante bataille d'Iwo Jima, cinq Marines et un infirmier de la Navy hissent ensemble le drapeau américain au sommet du Mont Suribachi, tout juste repris aux Japonais. L'image de ces hommes unis face à l'adversité devient légendaire en l'espace de quelques jours. Elle captive le peuple américain, las d'une guerre interminable, et lui donne des motifs d'espérer".
 
Un film sur un sujet difficile, une vision de l'Amérique qui cherche des Héros, pour croire, pour espérer, peu importe qui se cache derrière l'image,
c'est l'idée qui prévaut, elle est le fer de lance, elle est ce vers quoi tout un peuple tend; l'espoir de n'avoir pas envoyer ces enfants, sa chair
et son sang à une mort certaine sans autre fondement. L'un y voit son fils de dos, l'autre le sien, quête désespérée des familles qui attendent dans l'ignorance la nouvelle du retour de leur progéniture où l'annonce de la perte irrémédiable.
 
Le dessous des cartes de cette photographie qui a fait rêver l'Amérique est bien différent. Elle a été utilisée pour récolter des fonds et sous couvert de bons sentiments c'est une véritable entreprise marketing à l'échelle de tout un pays qui a été mise en branle. Ce n'est pas choquant de nos jours où c'est monnaie courante mais c'est toujours intéressant de revenir sur un évènement passé et l'analyser de manière rétrospective. L'image est devenue un vecteur toujours plus manipulée de nos jours par les grands groupes médias, elles couvrent les évènements et est fuyante aussi dans la mesure où elle change presque instantanément. Une image en chasse une autre. Avec Mémoires de nos pères nous sommes encore dans ce temps de la genèse si l'on peut dire où l'image a encore une force, un impact, c'est beaucoup moins vrai aujourd'hui de mon point de vue. On devient rapidement indifférent au sens des images qui se superposent de manière transparentes; les conflits nous touchent certes mais de loin en loin, ils sont devenus notre quotidien de lecture mais d'un évènement à un autre, d'un tsunami à un une inondation puis à des attentats, notre regard saute, nous nous insurgeons sur le moment, on en discute, on se dit ce n'est pas possible est-ce que cela va se terminer un jour puis le lendemain le processus d'oubli commence déjà...
 
On ne peut pas dire que cela soit un film d'exception et pourtant entre documentaire et réalité, il interroge sur un évènement, sur la vie de ces hommes, cete lutte intérieure sur la réalité de là-bas et l'entreprise marketing qu'ils sont en train de mener, le système de flash-back en noir et blanc nous replonge dans l'enfer de la guerre, la surprise américaine lors du débarquement, la hargne des japonais pour défendre ce qui est leur, ce qui fait partie de leur culture, de leur héritage.
 
Et puis cette idée de planter un drapeau, signe de conquête ancestrale, d'appropriation et les conséquences profondes de ce geste sur l'imaginaire collectif. Aussi, je vous le conseille dans la perspective de voir le deuxième opus qui envisage la bataille d'Iwo Jima du côté japonais, deux facettes d'une guerre...
 
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Le temps des Gitans d'Emir Kusturica

Voilà que grâce à Cinemapolis (une belle critique de Céline Egéa est d'ailleurs disponible) j'ai gagné l'édition collector du Temps des Gitans d'Emir Kusturica et pour tout vous dire c'était la première fois que je le voyais; j'avais été bercé (en quelque sorte) par la musique enivrante complètement folle ou féerique comme vous voudrez et là je découvrais ce film, prix de la mise en scène à cannes en 1989.
Alors qu'en penser eh bien pour tout vous dire, je ne sais pas trop quoi vous dire aujourd'hui; je suis un peu perplexe sur ce film. N'en déplaise à certains je n'ai pas été complètement happé par le film; je crois même sincèrement que j'ai plus apprécié que cela soit le fantastiqueArizona Dream ou encore Underground, Chat noir, chat blanc voire même la vie est un miracle... peut être que le charme du début ne marche plus à rebours ?

Mais de quoi s'agit-il au fond , Eh bien c'est l'histoire d'un enfant, un bâtard, Perhan qui est issu d'un amour entre un père soldat slovène et une tzigane. Il n'a rien pour lui ni sa soeur handicapée seul sa grand-mère l'aime et lui offre un dindon, animal terriblementintelligent et passant inaperçu... il tombe amoureux mais on lui refuse la main de sa douce et décide un peu forcé de partir tenter l'aventure avecAhmed , aventures de trafiquants, trafics d'enfants essentiellement d'ailleurs, un monde qu'il n'avait pas connu et où il n'est pas à sa juste mesure, il ne se ressemble pas comme le lui indique sa grand-mère, il s'est un peu renié... sur les dires et les promesses de guérison et de fortune qu'on lui a faitentr'apercevoir ... l'accordéon, son refuge n'est plus et il erre en quête d'un voile blanc parti dans la nuit, d'un fils, d'une soeur; retrouvailles d'un jour, la vengeance sonne et le drame n'est sûrement pas loin.
Sans concession, Kusturica dresse un portrait des Gitans comme nul autre que lui à part peut être Tony Gatlif sait le faire. L'errance est au coeur de ce peuple; sur fond de fin de communisme, d'implosion yougoslave on traverse littéralement un pays qui n'existe plus actuellement sous sa forme d'antan entre Macédoine, Serbie, Bosnie Herzégovine, Kosovo ou encore Croatie, un monde qui n'est plus ... une autre ère a commencé pas plus simple et sereine pour autant...

Voilà alors la musique est sublime, le film a quelques scènes quand même assez grandioses et ahurissantes, une maison se soulève sur fond de pluie et d'accordéon, de violon; au milieu de la rivière, également ou encore en partance dans les rêves de Perhan avec cette musique lancinante mais toujours omniprésente...une envie de découvrir comme toujours après Kusturica mais également la peur de ne pas trouver ce monde irréel et fantasque, sorte de mythe ... cela m'aura permis de découvrir la version filmée avant d'aller le voir à l'Opéra bastille la semaine prochaine, un de ces moments de rare intensité... qu'on se le dise..

Donc faites vous une idée de votre côté... en écoutant et en voyant cette scène myhtique par exemple....

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Le Kid de Cincinati de Norman Jeweson

 

Pour les amateurs de Poker et de sensations fortes, il y a des classiques à ne pas manquer et à revoir pour ceux qui connaissent.

Le Kid de Cincinnati est de ces instants magiques, petit film en date de 1965, avec un Steeve Mc Queen au regard bleu vif qui transperce, un esprit jeune et une vitalité débordante, des cas de conscience et la tension qui monte, c'est normal lorsque l'on doit affronter le meilleur joueur de Poker... Un petit air de vieillot dans ce film mais cela passe bien...

 

Véritable jeu de poker menteur, de chance aussi et puis de feeling également, toute la densité dans le jeu, dans la concentration et les nuits qui s'effondrent devant les cartes et les billets sonnant et trébuchant, c'est ça l'enfer du jeu et ces possibles gains faramineux, ses déceptions également, cela fait partie du job.


Pour plus d'informations sur le kid de Cincinnati, un bon résumé sur Wikipedia

On notera que les gains sont loin d'être négligeable pour les professionnels de Poker comme le relate le journal le Monde dans son édition du 27 mai 2007 : "Tous les ans, le WOSP (World Series of Poker) réunit à Las Vegas (Nevada) des milliers de joueurs s'affrontent pendant près de deux mois pour décrocher l'un des quarante bracelets en or décernés lors des tournois du TexasHold'em , la variante du poker la plus pratiquée à travers le monde. A raison de douze heures par jour et sept jours sur sept avec une mise d'entrée de 1 000 à 50 000 dollars, chacun rêve d'être sacré champion du monde avec à la clé des gains allant de 200 000 à 12 millions de dollars". C'est bien le rêve américain qui est en jeu... vous pouvez suivre cela sur WSOP...


Pour les débutants, également sur Wikipedia, les règles de bases et puis il y a aussi Internet qui a mis le paquet mais là, je vous laisse découvrir par vous mêmes... Partouche, le géant des géants s'y met ...

Quelques extraits sur Daily motion pour donner l'ambiance, sur You tube aussi mais là il y a le moment fatal donc ce serait dommage de tout dévoiler...


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Inspecteur Harry (Dirty Harry) de Don Siegel


Film sorti en 1971 avec Harry Callahan (alias Clint Eastwood), inspecteur de police à San Francisco qui a été tournée à l'époque du Zodiac que David Fincher met en scène actuellement. Dans cette première version, l'Inspecteur Harry se bat contre Scorpio, un tueur officie également à san francisco (dans le Zodiac de Fincher, on les voit sortir du cinéma où est passé Scorpio...).
Bon le film a vécu mais reste encore un classique, il est censé représenter une partie de la lutte contre le Zodiac. En effet, c'est moins subtil mais on y retrouve le grand, très grand Clint Eastwood, un flic en dehors des circuits classique, un flic qui manie le Magnum 44, l'arme la plus puissante... On peut lire sur la fiche Wikipedia d'Inspecteur Harry la célèbre réplique donnée à deux reprises dans le film une fois contre un braqueur et une fois à Scorpio : "Ah Ah, I know what you're thinking. 'Did he fire six shots or only five?' Well, to tell you the truth, in all this excitement I've kinda lost track myself. But being this is a .44 Magnum, the most powerful handgun in the world, and would blow your head clean off, you've got to ask yourself one question: 'Do I feel lucky?' Well, do ya, punk?".
Terriblement classe dans son costume trois pièces, Clint Eastwood n'en demeure pas moins l'archétype du super flic s'occupant des affaires les plus pourries, à la marge de la  légalité... Scène terrible oùScorpio se fait masacrer à sa demande, un oeil pendant et un état pas loindu coma... la folie n'est pas loin; l'Inspecteur Harry est devenu un de ces classiques indémodable qu'il est quand même nécessaire d 'avoir vu... Il est un de ces rares films gorgés de la violence la plus pure, à la limite de la caricature mais c'est également l'image que nous renvoie la société d'aujourd'hui et d'hier a fortiori...

Etonnant de (re)voir la bande annonce d'époque...de Dirty Harry


Il me reste encore à découvrir The most dangerous game en date de 1932...
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Le prestige de Christopher Nolan



© 2007 Warner Bros. Entertainment Inc.  All rights reserved.

Tout à fait surprenant que cette histoire de magie, d'illusion et donc de magiciens. C'est du rêve qu'ils nous vendent mais c'est également de l'Art quand il est poussé à ces sommets.

Tout part d'une amitié et d'une relation de concurrence loyale voire fraternelle entre les deux magiciens qui veulent exceller dans leur Art, puis un évènement survient qui va chambouler la donne et la haine de l'autre sera la seule issue possible enfin la seule choisie du moins.

La palette des acteurs réunis est impressionnante : Hugh Jackman (alias Robert Angier dit le Grand danton), Christian Bale n'est autre qu'Alfred Borden et puis il y a Michael Caine (Cutter), la belle Scarlett Johansson (Olivia) mais elle reste un peu fade dans le rôle qui lui est dévolu et même David Bowie qui fait un come back inattendu en la personne de Tesla; difficilement reconnaissable d'ailleurs..., Ma préférence va bien évidemment à Christian Bale qui est le plus doué des magiciens, quel est le secret qui se cache derrière l'homme transporté, son tour le plus truculent et le seul dont personne pas même le grand Danton n'arrive pas à percer le mystère... Le secret réside dans le sacrifice, dans la dévotion à son Art et au secret... étonnant en tout cas...

Comme tout tour de magie qui comprend trois phases, la promesse, le revirement et le prestige, le moment où l'extraordinaire se produit...le film suit ce canevas pour nous emmener vers la découverte, vers la connaissance du grand secret... Pour aller au bout de ses tours, il faut aller au bout de soi, au bout de son obsession, Angier ira sûrement trop loin et reviendra avec l'impossible tour mais à quel prix ? Se salir les mains devient une nécessité et le diable n'est pas loin, les mystères de la science sont là et devant l'inexplicable et l'impossible...

Pour la petite histoire, le prestige est l'adaptation du roman du même nom écrit par Christopher Priest en 1995

Visitez l'étonnant site internet du Prestige pour en savoir plus et comprendre les arcanes de la magie... qui n'a pas rêvé d'être magicien à un moment donné de son enfance...
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