« On est devenu soi-même imperceptible et clandestin dans un voyage immobile. Plus rien ne peut se passer ni s’être passé. Plus personne ne peut rien pour moi ni contre moi. Mes territoires sont hors de prise, et pas parce qu’ils sont imaginaires, au contraire, parce que je suis entrain de les tracer »

[…]

« Nous devons inventer nos lignes de fuite si nous en sommes capables, et nous ne pouvons les inventer qu’en les traçant effectivement, dans la vie »

Gilles Deleuze et Félix Guattari, Mille plateaux, 1980

Dans la ville, en errance, le regard se perd et puis le hasard des dés me fait tomber sur ces formes consacrées, ces abstractions qui se retrouvent éparpillées dans la cité. Éphémères et pourtant bien réelles, elles rayonnent de manière subtile, presque à la manière de petites pierres rougeoyantes. Que sont-elles, d’où viennent-elles, ont-elles une origine quelconque ?

Nul ne le sait mais au fond, là n’est pas l’important; les lignes de fuites ont choisi d’exister et de se montrer à nous, de vivre le temps qui leur est imparti. L’oeil, maintenant habitué, les traque où qu’elles puissent se cacher pour les immortaliser avant leur fin annoncée. Les murs aux revêtements souples, glissant parfois ont leur préférence mais elles s’adaptent et trouve refuge dans des recoins ombrageux, déserts parfois.

D’une structure composite, ces lignes de fuites ont des caractéristiques similaires et un masque commun : assemblage plus ou moins simple de formes rectangulaires noires se rapprochant pour former un idéogramme.

Quête d’un moment dans la polis d’où se dégage quelques tendances : ombres écrites sur des morceaux de couleurs, démultiplication concentrée, pâleur des supports et effacement vers lequel tendent ces constructions passagères.



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